Poudre noire et longue distance

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Poudre noire et longue distance

Message  longrifle le Dim 4 Aoû - 17:15

Source INTERNET

 Ou délires pulévronégristes destinés à ceux des néophytes qui en voudront bien, inspirés par le Major Ned ROBERTS et Ken WATERS dans "BREECH-LOADING SINGLE SHOT RIFLES" paru en 1948, et Paul A. MATTHEWS dans "LOADING THE BLACK POWDER RIFLE CARTRIDGE" paru en 1993, parfois contredits par Sam FADALA dans "THE BLACK POWDER LOADING MANUAL", version 1991, je cite mes sources; j'y ai aussi mis des appréciations résultant de ce qui m’est arrivé sur le terrain et formant la toute petite expérience que le destin m’a permis d’acquérir à ce jour. L'idée générale est la recherche de la précision en tir sur cibles, option choisie par P. MATTHEWS que je suspecte d'avoir été influencé par N. ROBERTS ce qui est normal, plutôt que du "pouvoir d'arrêt" nécessaire à la chasse si chère à S. FADALA, et un besoin de reproduire à l'identique absolu chaque cartouche avec chacun de ses composants, pour que chaque coup tiré soit le même que le précédent.

Juste à titre comparatif, on devrait rappeler d'abord que des essais "modernes" sur du .45/70, dont certains sont parus dans un PRECISION SHOOTING de 1996, l'arme utilisée étant un Trapdoor 73 avec un canon foré au pas de 18 pouces ( les noms des auteurs ne sont pas cités ), ont donné des groupements inférieurs à 3/4 de pouce à 100 Yards avec des poudres pyroxylées, une balle de .458" en calibre réel, sortie d'un moule R.C.B.S. N° 82501 45-300, donc un poids théorique de 300 Grains en alliage dit # 2 ( fait de 80 % de plomb "pur" et
20 % d'étain ), avec gas-check, et une balle de 325 Grains sans gas-check, sortie d'un moule R.C.B.S. N° 82045 45-325 FNU, puis une balle de 322 Grains sortie d'un moule LYMAN 457122 sans gas-check en alliage # 2, qui a donné les meilleurs résultats avec une bourre de dacron, poids 1/2 Grain, diamètre 5/8e. de pouce et épaisseur
1/4 de pouce, directement sur la poudre. Les pressions avec les poudres pyroxylées peuvent atteindre 27 550 PsI, soit 1 900 Bars, les vitesses varient de 1 150 FpS à 2 034 FpS, soit 620 M/S ( ! ), avec des poids de balles qui vont de 293 Grains à 420 Grains pour les chargements modernes.


1°) DES PRELIMINAIRES :

On commencera par mesurer l’âme du canon, c’est-à-dire qu’on investira dans un bon pied à coulisse, sinon il faudra s'en faire prêter un ou en voler un et, puisque les calibres américains sont en pouces, préférence devra être donnée à un instrument gradué en pouces pour éviter les erreurs dans les conversions; pour les gens qui ne savent pas lire un pied à coulisse classique, il existe des modèles avec un cadran circulaire ressemblant à une montre et qui se lisent tout seuls. Première opération : mesurer le diamètre au plat des rayures et le diamètre à fond de rayures, et bien les noter. Ensuite, mesurer la chambre pour s'assurer qu'elle est parfaitement cylindrique ( et c'est là qu'on risque d'avoir des surprises…), et par la même occasion, contrôler la feuillure.

Pour les mesures, on peut couler de la fleur de soufre en fusion sur, allez disons 4 centimètres, dans son canon près de la bouche, après l'avoir d'abord lubrifié ou enduit d'une fine couche de talc ou de graphite puis obturé, avec du papier gras par exemple, laisser durcir le bouchon puis le sortir en le poussant dehors avec une tige en matériau qui ne risque pas de rayer le métal, la même procédure s'appliquant sur l'autre extrémité de l'arme pour la mesure de la chambre mais où le bouchon sera plus long bien sûr et où la poussée se fera de la bouche vers le tonnerre; le soufre se rétractant une fois refroidi, il faut mesurer le bestiau sans trop attendre, donc quand il sera encore un peu tiède. Le plus difficile est de réussir son coup en une fois, car le soufre chauffé se liquéfie effectivement, mais prévient mal quand il commence à brûler car chauffé trop haut, il durcit très vite en se refroidissant et, une fois refroidi, on ne peut plus l'utiliser dans ce sens. Il existe maintenant quelque chose de beaucoup plus pratique, c'est du P.V.C. en granulés qui se transforment en une pâte quand on les malaxe une fois laissés dans l'eau bouillante; on dirait alors de la pâte à modeler qui durcit en refroidissant et qu'on réutilise à loisir en la chauffant de nouveau dans de l'eau bouillante, son rétreint est négligeable, ces granulés se trouvant dans toutes les quincailleries correctement achalandées et sous plusieurs formes qui se valent toutes. Là encore, on bouche le canon bien lubrifié et on pousse le gros spaghetti avec une baguette, mais il faut également pousser dans l'autre sens en même temps pour que la pâte prenne bien la forme de l'intérieur avec la compression. Pigé ?

La nécessité de la mesure de ces cotes me paraît une évidence pour déterminer le calibre exact, celle de la chambre de mon Trapdoor m'a permis de trouver de quel côté les douilles s'allongeaient. En traitant ces données, j'aurais pu remédier à mes dispersions aléatoires en repérant mes cartouches et en les positionnant à chaque fois au même endroit quand je les mets dedans; or, je suis fainéant et mauvais tireur, alors je ne l'ai pas fait… Ensuite, il faudra choisir si l’on veut fabriquer une cartouche destinée au tir à 100 M ou à 200 M, ou bien si on doit l’utiliser pour des distances plus grandes, car l’espace disponible dans la douille n’est pas forcément compatible avec la charge de poudre nécessaire et le poids d’une balle capable de rester stable et précise contre le vent et les effets de sol à partir de 500 M et jusqu’à 1000 M ; la forme de la chambre sera donc importante, il faudra savoir si l’on veut tirer des cartouches "normales" ou avec des balles calepinées dont le papier devra prendre les rayures progressivement au lieu de s'arracher prématurément sur les angles formés par le début des rayures.

2°) DE L'HABIT :

Certains "Pros" conseillent de reformer les douilles à chaque rechargement en les passant complètement dans l'outil; c'est vrai que c'est facile d'extraire d'un Trapdoor ou d'une Sharps une douille qui a un peu gonflé parce que ces armes possèdent ce qu'il faut pour le faire ( Kling, et ça vole derrière ! ), mais dans un Rolling-block, la course de l'extracteur est courte, il n'y a pas d'éjecteur et ce sont les doigts avec leurs ongles qui font le reste. Personnellement je ne préfère pas les reformer, car je peux utiliser des balles plus grosses, en .459 ou avec calepin. J'ai essayé de chambrer dans mes "origines" les cartouches ainsi finies, elles rentrent très bien et s'extraient sans problèmes; j'ai également remarqué, comme d'autres tireurs, que les tirs avec des douilles "brut de chambre" groupent mieux. On recuira leurs extrémités après plusieurs rechargements "musclés" pour éviter que le laiton ne devienne cassant, puis on vérifiera leur longueur en les passant éventuellement au case-trimmer si elles sont étirées, chose inévitable si la chambre n'est pas parfaitement cylindrique comme cela arrive plus souvent qu'on ne le croit.

Le coup du case-trimmer, c'est important sur une arme dont la chambre est bien délimitée en bout au lieu de passer progressivement vers les rayures car, si la douille s'est allongée et elle le sera tôt ou tard, son collet sera coincé contre l'angle formé au début des rayures et ne pourra plus s'ouvrir comme il le doit, ce qui va créer des surpressions qui au moins fatiguent le laiton et au pire constituent un risque pour l'arme, spécialement si le canon est fin ou si l'arme est vieille, et de toutes façons il est certain que cela affecte la précision. Quant au recuit, il s'obtient normalement à la flamme sur le collet de la douille désamorcée avec le corps debout dans l'eau, mais Paul MATTHEWS et d'autres trempent le bout de la douille désamorcée dans le plomb en fusion pendant quelques secondes quand ils coulent leurs balles; bof, personnellement, je n'aime pas les restes de plomb sur le laiton de mes douilles, particulièrement pas s'ils sont à l'intérieur et je certifie qu'il peut y en avoir parce que j'en ai eu, et on n'a pas vraiment de contrôle de la longueur du recuit sur la douille avec cette manière.

Les étuis doivent être nettoyés après le tir, c'est pour moi assez fastidieux; l'idéal est de le faire le plus vite possible pour éviter la formation d'une oxydation bleu turquoise, belle mais vicieuse, et c'est autant à l'intérieur qu'il faut apporter ses soins qu'au look, sinon plus. On s'appliquera à bien dégager les "brûlés" de la lumière d'amorçage, en veillant toutefois à ne pas l'endommager, la cuvette doit être également propre pour permettre un réamorçage sans forcer. Pour la toilette, on peut utiliser de l'eau chaude savonneuse, qui demande un frottage ou un brossage conséquents car on veut que l'intérieur soit parfaitement lisse pour que la combustion de la poudre noire, qui est une poudre lente, puisse se faire de manière homogène, c'est la manière douce. La manière la plus efficace, mais elle peut paraître un peu brutale, c'est de fabriquer une solution jetable et anti-écologique, si faible soit elle, d'eau à laquelle on a ajouté 3 % d'acide chlorhydrique, où les douilles baignent pendant quelques secondes jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de bulles des résidus de combustion, puis elles sont lavées à l'eau chaude plus du savon de vaisselle pour neutraliser l'acide avec la soude qui est une base et qui s'occupe des restes de gras, et enfin abondamment rincées à l'eau chaude pour faciliter le séchage; je n'ai pas encore de preuve que ce traitement attaque le métal s'il est appliqué comme décrit, la seule fois où j'ai trouvé une très légère modification d'aspect c'était après avoir laissé des douilles de 11 MM "73" toute une nuit dans une solution plus forte à 10% et je les utilise encore
( d'accord, les pressions dans le 11 MM "73" sont loin d'être les mêmes que dans le .45/70, mais le traitement chimique à 3 % est léger s'il est bien fait, et rapidement…).

Je suis un partisan du séchage par un essuyage à la main et au chiffon, de coton de préférence, ça doit faire "Skouïïk" quand le tissu passe dedans, le coup pratique et trop facile du séjour au four si cher à certains étant à proscrire et à mettre définitivement au ban, autant pour les douilles que pour les armes d'ailleurs, pour éviter l'accumulation de saletés séchées. Quant aux bacs à ultra-sons, il fonctionnement très bien pour les poudres modernes et on peut dire qu'ils arrivent à détacher des particules de poudre noire brûlée, mais si ces dernières ne sont pas essuyées au chiffon, elles s'accumulent aussi, par gravité c'est évident ( "Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme" ); pas de commentaires sur les autres cuves de nettoyage fonctionnant à la coquille de noix broyée ou autre "media", elles sont tout simplement inefficaces pour l'intérieur. Un contrôle visuel de celui-ci sur chaque étui s'impose si on veut du bon boulot; l'extérieur qui brille, à la limite on s'en tamponne, Jex, le séchage au chiffon fera tout aussi bien le travail, tout en enlevant lui aussi les taches brunes laissées par les passages de gaz vers l'arrière; surtout pas de décapage au papier de verre ou toile émeri qui enlèvent du métal, ceux qui font ça auront droit à la "veste qui se ferme avec les manches qu'on attache dans le dos" et à la douche froide.

C'est çà, rien que des fous, j'te dis, des fous; on a à peine commencé et on est déjà dégoûté, tellement il y a de boulot; nous, tout ce qu'on veut, c'est tirer ! Et puis d'ailleurs, dites M'sieur, dit l'autre au fond de la classe, assis à côté du radiateur et en levant le doigt, et les tireurs de "Long Range" de la fin du XIXe. siècle qui utilisaient toujours le même étui tout au long du tir à Creedmoor ou à Wimbledon, et qui groupaient comme des dingues à des distances de 1 000 ou 1 200 Yards ? Ca, mon p'tit père, c'est une autre histoire et puis, il paraît que les gens à cette époque-là ne se lavaient pas eux-mêmes, alors…

Dans ce cas-là d'ailleurs, le tireur grattait d'abord bien la douille pour la nettoyer, puis il la remplissait à donf, c'est-à-dire qu'avec celles de l'époque il parvenait à y mettre beaucoup plus que 70 Grains de poudre, parfois 100 dans une plus longue, il plaçait sur la poudre une rondelle de carton ou un grease-cookie, puis il chambrait l'ensemble à la main, fermant ensuite la culasse en replaçant le chien au demi-armé ou en intercalant entre le chien et le percuteur un système pour éviter la percussion accidentelle, puis il descendait une balle de 550 Grains par en haut, donc PAR LA BOUCHE, ce qui lui donnait alors du .45/100-550 et plus du .45/70 ! Autrement, il pouvait utiliser un outil à levier appelé "bullet-seater" pour d'abord asseoir une balle solitaire dans les rayures PAR LA CHAMBRE avec un faux étui, retirer ce faux étui puis introduire à la place une douille pleine à ras-bord; et puis, après avoir tiré, il allait voir le docteur plâtrier pour son épaule s'il tirait couché sur le ventre, ou le docteur Jivaro pour sa tête s'il tirait couché sur le dos avec la crosse contre le cou, en entendant "Dzing" tout le temps, voilà !

3°) DU PROPULSEUR :

On laisse tomber les charges en poudres modernes de type I.M.R., DU PONT, HOGDON, VIHTAVUORI ou VECTAN, voire en ersatz PYRODEX dont on ne sait pas ce qu'il y a dedans, tout çà c'est pour les "gentils" d'autant plus que théoriquement il n'y en a pas chez nous, y en a chez la voisine mais ce n'est pas pour nous, et on s'en tiendra aux charges de poudre noire. A tort ou à raison, j'ai choisi celle de la S.N.P.E., pensant faire correspondre la Fg et le FFg avec la Mousquet Tir et la Noire de Chasse, la FFFg avec la P.N.F.2 et la P.N.F.1. préconisée par la S.N.P.E. pour les cartouches métalliques, et la FFFFg avec notre pulvérin P.N.F.4.

Les charges varient selon les avis. A l'origine, dans des douilles dont la capacité était supérieure à celles du commerce actuel et avec des poudres qui devaient sûrement être plus lourdes que les nôtres, on trouvait des chargements avec des balles à base creuse pesant 330 Grains et ce n'est qu'avec les tirs de précision à longue distance, pas toujours non-violents puisqu'ils incluaient les massacres de bisons, qu'on a commencé à alourdir mais en moyenne pour une balle de 420 Grains, on trouve des préconisations de 60 Grains de FFg pour certains et 65 Grains de FFg pour d'autres.

A titre de comparaison en "Long Range" où la cartouche a un aspect légèrement différent, les charges sont de 87 ou 90 Grains de FFFg avec une balle de 550 Grains; çà c'est béton, c'est de la munition de mec çà, faut avoir les épaules solides mon'yeu ! ( on lit bien 90 Grains de 3 fois "F", mais faut dire que certains règlements ne limitaient les armes à 10 livres que jusqu'à 1880 et qu'on a même vu une Sharps 1874 customisée peser 16 livres, soit 7,26 KGS qui permettaient d'encaisser le recul ou au moins une partie ). Je trouve aussi jusqu'à 70 Grains de FFFg sur une balle calepinée de calibre .444", sans le truc appelé "grease-cookie" ( petit gâteau de gras ) qui est la bourre de cire. Pour tirer loin dans un mousquet Trapdoor, c'est-à-dire dans un canon foré au pas de 22 pouces pour le modèle 84 comme tout le monde ne le sait pas, Paul MATTHEWS met une balle de 500 Grains calepinée sur 70 Grains de FFg, obtenant une très bonne précision et une vitesse de rotation de la balle de 717 tours à la seconde, ou un chiffre fantastique de 43 020 tours à la minute, Whouimmmm, ben tiens !

Dans l'ensemble, les tireurs d'aujourd'hui utilisent plutôt des poudres qui tendent à être plus vives que notre P.N.C. ou notre Mousquet, et de toutes façons les charges reprises ne permettent pas d'utiliser ces dernières si l'on veut éviter d'écraser la poudre et mettre toutes les magouilles dessus; car Paul MATTHEWS c'est bien beau tout ça mais moi, j'ai commencé par me demander comment ils font déjà ces gens pour mettre 70 Grains de poudre ET PUIS une balle de 500 Grains dans une douille de .45/70 moderne fabriquée chez eux ? Dans des douilles REMINGTON et si je veux garder ma poudre entière tout en couvrant toutes les gorges de graissage de la balle avec le laiton de l'étui, j'arrive à peine à mettre 60 Grains de noire sous une balle de 300 Grains et, avec les balles plus grosses de 405 Grains ou de 500 Grains, je n'arrive pas à dépasser 50 Grains, allez 55 Grains en forçant si je dois ajouter une rondelle de carton et la bourre de cire, mais le secret, c'est un peu plus loin et pas tout de suite, alors on attend et on continue à lire, ou alors on saute tout de suite plusieurs pages...


4°) DES INTERMEDIAIRES POLITIQUES :

Soit on graisse les balles, soit on les calepine avec du papier et, comme cette partie-là est une histoire en elle-même et doit être traitée comme il faut, on va s'occuper d'abord de la graisse.

Avec ces vitesses de rotation et des vitesses initiales qui donnent des accélérations atteignant 11,3 G, la graisse, sous l'effet de la force centrifuge, quitte la balle; sous l'inertie et puisqu'il est mou, le gras de l'avant de la gorge passe à l'arrière avant de pousser ce qui s'y trouve vers l'extérieur dans les rayures du canon et permettre ainsi une bonne translation de tout ce qu'il y a derrière, à savoir le reste de la balle avec ses portées et ses autres gorges de graissage pleines, où il se passe exactement la même chose. La graisse doit être partie de la balle une fois que celle-ci est sortie du canon, sinon elle n'aura servi à rien d'autre qu'à faire travailler le rechargeur, à salir le chrono, à se perdre dans la nature et à lubrifier le carton à l'impact, ce qui veut dire qu'un mélange trop dur, c'est pas bon; un mélange trop mou non plus d'ailleurs.

Il faut donc trouver la bonne composition, souple mais également capable de résister aux écarts de températures estivales et hivernales tout en remplissant à chaque fois sa tâche avec constance, ardeur et fidélité. Mister SHARPS préconisait un mélange de 1 part de cire d'abeille et 2 parts de spermaceti de cachalot ( à l'époque il y en avait encore, les Japonais n'avaient pas tout mangé, et nous on n'avait pas tout donné au chat ou tout transformé en rouge à lèvres), ou bien 1 part de cire d'abeille et 3 parts de suif, ou de graisse de mouton ou de bœuf, non salés bien sûr, les parts étant entendues en poids et pas en volumes. D'autres préféraient 50 % de cire d'abeille et 50 % d'huile d'olive, c'est tout aussi exotique que le spermaceti bien que plus facile à trouver, GREENPEACE ou pas, mais c'est dommage, à moins que la salade à la cire d'abeille ne soit bonne contre la toux, alors on pourrait se servir du mélange pour les deux et joindre l'utile à l'agréable.

Ned ROBERTS a même vu des tireurs utiliser de la résine de conifère à 15 % pour durcir encore plus un mélange de suif et de cire d'abeille et contredire les autres, on trouve une recette de 1934 qui mélange 25 % de cire d'abeille, 5 huitièmes de suif et 1 huitième de graphite, et des tireurs actuels utilisent soit un mélange de 50 % de cire d'abeille plus 50 % d'Allox, soit 25 % de cire d'abeille, 50 % de suif de mouton et 25 % de paraffine; moi j'aime bien 45 % de suif de mouton, 40 % de cire d'abeille et 15 % d'Allox de chez LEE, ça ne sent pas trop mauvais et ça marche bien.

Chacun avait son secret, presque tous étaient bons, il n'y a pas vraiment de panacée, l'essentiel est que cela fasse correctement son travail, qui est à la fois et pas seulement de faciliter la translation de la balle dans le canon, mais aussi de bien garder les résidus de poudre brûlée, la crasse quoi, suffisamment mous pour ne pas gêner le passage de la prochaine balle et ainsi de suite aussi longtemps que possible. A l'époque, les tireurs avaient le droit de nettoyer, et même de laver, et encore ils utilisaient de la poudre Ecossaise CURTISS & HARVEY en N° 6 ou en "Diamond Grain", de l'Américaine HAZZARD "Kentucky Rifle" ou de la "Dead Shot" en Fg, ou encore de la LAFFLIN & RAND "Orange Extra" à l'excellente réputation dont les résidus restaient tendres; je ne sais pas ce que cela donne avec les poudres Américaines d'aujourd'hui GOEX ou HOGDON, la ELEPHANT ou encore l’Allemande DYNAMIT NOBEL, on connaît en France l’encrassement relativement négligeable de la Suisse S2, certains tirent même de la Suisse S4, et on a vu que toutes les variétés Françaises fabriqués par la S.N.P.E. jusqu'ici, sauf peut-être la P.N.F.1 qui encrasse moins, donnent des résidus archisèkédurs loin de correspondre avec la description de ceux de la CURTISS & HARVEY.


A l'intérieur du canon, ça chauffe un max quand on met les gaz; par contre, ça chauffe pendant si peu de temps que ça ne brûle pas si la compression y est, puisque les celluloses comme le carton, le papier, le kapok ou le nid de frelon, et même le Dacron qui n'en est pas, tiennent toutes bien le coup. La cire d'abeille fond à + 63° C, et certaines graisses vendues dans le commerce tiennent jusqu'à + 120° C, voire plus comme les graisses au molybdène, mais ces graisses sont modernes et n'entrent pas dans l'esprit Arquebusier, alors il faut s'en tenir à des produits plus organiques et disponibles à l'époque. Or, tous les lubrifiants perdent leurs qualités s'ils sont chauffés trop fort, la cire d’abeille, le suif ou la graisse de bœuf ou de mouton encore plus facilement si on les brutalise lors de leur préparation, et leur fonte à partir des morceaux récoltés chez l'apiculteur et le boucher doit se faire tout doucement, à petit feu, pour que la graisse obtenue ne soit pas déjà foutue avant de faire son boulot dans le canon; même si elle est loupée, elle vous fera quand-même des taches sur les vêtements ou sur la tapisserie, ne vous en faites pas, alors vaut mieux la soigner et s’en servir uniquement sur les balles. Les puristes l'appliqueront à la main, puro huevo, avec les doigts contrôlés par les nerfs et les yeux d'acier, et pas lâchement avec une "machine" en prétendant que c'est plus scientifique ou plus constant ( la vérité c'est que c'est surtout plus propre et qu'on s'en met moins sur les pattes, et puis c'est plus rapide alors qu'en tir, faut pas être trop pressé ).

Une méthode rappelant la "machine à graisser" est de tremper les balles l'une à côté de l'autre jusqu'en haut des gorges de graissage dans la graisse en train de fondre, les laisser refroidir encore dedans telles quelles, puis les récolter en les coiffant l'une après l'autre avec un tube en métal dont le diamètre intérieur est ajusté au calibre, en essuyant ensuite la base.


On va parler également un peu du "grease cookie", qui n'est rien qu'une bourre de cire grasse; j'utilise la même que celle que je mets sur les balles parce que je la trouve suffisamment dure pour pouvoir être mise en place facilement, mais je ne suis que simple caporal-chef et les avis de certains généraux sont que 50 % de cire d'abeille et 50 % de suif animal non salé, c'est O.K. Selon la charge choisie, donc selon la place qui reste, ce petit gâteau fait entre 2 MM et 5 MM d'épaisseur, il se désintègre ou plutôt il se vaporise dans le canon, pour faire mieux que la graisse laissée par les gorges de la balle, en humidifiant les résidus de poudre brûlée et en les ramollissant. C'est vrai qu'il y a une différence !

Pour le fabriquer ou le mettre en place, on fait fondre son mélange à feu très doux et on peut le couler avec une dosette comme un étui de .32 ou de .22 identique à chaque fois, directement dans la douille une fois la poudre dedans bien entendu et après avoir recouvert la poudre avec une rondelle de carton; si le mélange choisi par le tireur est très mou, on peut le mettre en place à la seringue. Personnellement, je préfère enfoncer le collet, une fois la poudre et la rondelle de carton en place, dans la plaque de cire quand elle est froide pour qu'il découpe sa bourre proprement, puis on pousse tout au fond. Cette méthode est plus facile et plus sûre car on évite de polluer la poudre par un passage de la graisse chaude et liquide de l'autre côté du carton; il arrive que de l'air soit enfermé entre le carton et le bouchon de cire en faisant remonter ce dernier comme un ressort et, dans ce cas, "Yaka" percer le bouchon pour permettre à l'air de sortir, la mise en place de la rondelle suivante puis l'assise de la balle reformeront la graisse en une masse homogène en la comprimant.

Les rondelles sont au diamètre du fond des rayures; il s'agit soit de carton, soit de papier Bristol, soit de cartes à jouer, soit de cartes de visite avec un côté glacé ou pas, soit de papier ciré, leur épaisseur variant donc entre 0,5 MM et 1,5 MM, mais tout dépend de la place qu'on veut occuper dans la douille, c'est pas un autobus Pakistanais, y en pas pour tout le monde, par les fenêtres, sur le toit, accrochés dehors et tout, même sous la pluie de mousson. Le papier aura tendance à se saturer trop vite de ce qu'il aura absorbé comme excédent de gras et, comme la rondelle doit un peu forcer contre les parois intérieures de la douille ( on la pousse avec un truc qu'on a fabriqué soi-même, comme le culot d'un étui de 9 MM Flobert fixé sur une tige de bois ), elle doit être rigide et je préfère le carton fin glacé, d'autant plus que c'est bien ce matériau qu'on prenait à l'époque et qu'il permet de recycler toutes ces cartes de vœux et publicités dont on est parfois submergé.

L'un de nos spécialistes nationaux Alain LAUNAY a même voulu un jour associer le coup de la rondelle avec celui de la bourre de gras, et écrit dans un CIBLES qu'il utilisait des rondelles découpées à l'emporte-pièce dans des ronds de bière, pâte à papier, qu’il faisait cuire 10 minutes dans le mélange cire d'abeille plus graisse; ça marche sûrement pour lui parce qu'il tire de la Suisse, mais j'ai essayé à l'époque, j'ai vu que c'est beaucoup de boulot sans trop de différences en cible pour moi et puis, je me demande s'il y a assez de gras dessus à la fin pour bien ramollir notre poudre Française.

On met donc d'abord la poudre sur la douille propre, sèche et amorcée, puis une rondelle, on tasse en appuyant avec le poussoir qu'on a bricolé avec un morceau de quelque chose de cylindrique un peu plus petit que le diamètre de l'intérieur de la douille, puis on pose la bourre de gras, puis de nouveau une rondelle pour éviter que de la graisse n'adhère à la base de la balle en venant ainsi la déséquilibrer quand elle sortira du canon, aussi pour qu'elle serve de joint ou de tampon entre les gaz chauds et le plomb de la balle, qu'elle évite aux fragiles arêtes inférieures de cette dernière d'être détériorées par les quelques 1 200 Bars qui poussent derrière, et également, pourquoi pas, à gratter un peu les résidus de combustion qui se trouvent dans le canon.

Une chose est certaine, c'est que ça marche; l'autre méthode "à l'ancienne" est de mettre un disque de jute, la bourre de cire et encore un disque de jute avant la balle; c'est plus mou que le carton mais il paraît que ça marche aussi.

Le calepin maintenant. Ce truc est tout simplement magique, il était utilisé jusqu'en 1892 ou 1893, après quoi il a commencé à être remplacé par un papier plus gros qui n'entourait la balle qu'une seule fois et appelé chemise CHASE, et à partir de 1899 ou 1900, ce sont les balles à gorges de graissage qui ont pris la tête du peloton.

L'abandon du calepin en papier n'est pas la conséquence de son infériorité, mais on a préféré l'utilisation plus pratique et sûrement le côté plus économique en fabrication industrielle de l'autre balle. Les balles calepinées de papier connaissent un renouveau Outre-Atlantique et, avec de telles balles en plomb de petit calibre poussées par des poudres modernes sans fumée, on y a obtenu avec des munitions à étui bouteille des vitesses atteignant 2 198 FPS à 2 700 FPS ( FPS étant Feet Per Second ou pied par seconde ), soit des équivalences en mètres à la seconde de 670 M/S respectivement et 823 M/S, toujours en groupant, et même 194 400 tours à la minute dans un canon foré au pas de 10 pouces, avec des maxi de 3 000 FPS ou 914 M/S de vitesse initiale; c'est phénoménal et seulement possible parce que la balle n'est pas en contact avec l'acier du canon, sur lequel elle aurait fondu en frottant dessus à cette vitesse !

On peut calepiner toutes les balles, qu'elles soient lisses comme celles de l'époque, celles qu'on coule dans un moule qu'on a commandé à l'étranger et attendu une éternité, et celles qu'on fabrique soi-même avec du fil de plomb, ou qu'elles aient des gorges de graissage comme celles qu'on coule dans les moules disponibles sur le marché courant, et on peut même calepiner des balles en plomb qu'on a acheté déjà faites.

La balle est donc enroulée, sèche et propre, dans une double couche de "papier pelure machine" formée par une bande trapézoïdale; à l'avant, le papier doit déborder très légèrement sur la partie conique de la balle, disons 2 MM, pas trop pour qu'il reste bien en contact avec le plomb et ne se déchire pas lors du chambrage mais suffisamment pour qu'il prenne les rayures; à l'arrière, les plis formant le retour devront se regarder les uns les autres au centre de la base, sans se toucher, car la queue formée par un tortillon peut s'incruster dans le plomb au départ du coup et perturber la séparation, voire faire basculer le projectile sur son axe et affecter la précision.

Pour les balles à base creuse, les plis du retour sont simplement retournés dans le creux, sans former de boule ou de tortillon trop durs. Chaque bande est découpée avec un angle idéal qui serait de 40° selon certains calculs bien qu'on ait trouvé 50° d'inclinaison sur des cartouches d'époque, mais pas moins de 35° sinon c'est trop pointu et la bande se déroule moins bien.

La largeur et la longueur du calepin dépendront naturellement du type de balle choisie, et la balle doit sortir du canon parfaitement propre et nue, la totalité du papier ayant été déchirée pendant son passage à l'intérieur. Si le canon possède des rayures peu profondes comme le Trapdoor, le calepin devra être enroulé autour de la balle à contre-pas pour que les rayures le déroulent quand la balle avance; s'il s'agit de rayures profondes comme sur un Rolling-block ou une Sharps, le calepin doit se déchirer sur les angles, même arrondis, quand la balle avance dans le canon, et elle doit donc être enveloppée dans le sens du pas.

Pour enrouler cette bande de papier autour de la balle, il faut d'abord l'humidifier pour l'assouplir et lui permettre de se détendre, et la salive, c'est ce qui existe de mieux, du blanc d'œuf pouvant également être utilisé pour les gens qui ont la bouche sèche, les doigts trop sales ou qui sont obsédés par les microbes ( alors qu'ils respirent déjà suffisamment de saletés quand ils coulent leurs balles, ou pire, quand ils font leur petit jogging en ville au milieu des bus et des voitures ).


Deux couches de papier, pas une, pas trois, deux seulement, sont correctes, le biais de la deuxième couche doit arriver juste un petit peu avant celui de la première, sans jamais faire se chevaucher les spires et former ainsi à cet endroit une zone plus épaisse et une altération induite du cylindre parfait obtenu après calibrage. Une fois la balle enveloppée dans son papier, on la laisse sécher et on s'aperçoit ensuite que le papier s'est tendu, lui donnant un aspect "habillé" avec des bandes molletières toutes blanches.

On peut lubrifier une balle calepinée d'une couche très fine avant de l'asseoir en place, mais c’est valable uniquement pour des canons à rayures très plates comme celui du Trapdoor, pas dans les autres car le calepin doit rester sec et "croustillant" pour bien se déchirer quand il le faudra, et dans ce cas une fine couche de graphite fera parfaitement l'affaire ( je connais un Français qui calepine des balles compressibles à jupe pour les tirer dans une carabine 1822 Tbis et qui les huile UNE FOIS FINIES, et il obtient de très bons résultats ).

Sam FADALA et Ned ROBERTS le Grand écrivent qu'ils graissent leurs cartouches à balle calepinée, mais Paul MATTHEWS le déconseille pour une période d'entreposage dépassant deux semaines car le gras remonte dans le papier, le ramollit et gêne le strip-tease de la balle quand elle passe dans le canon, et c'est logique. Si on le fait, on peut tremper la cartouche tête en bas dans de la cire d'abeille en train de fondre, puis on l'égoutte, on l'essuie délicatement avec du papier ménager ou un chiffon doux, dans le sens de l'enroulement bien entendu, et puis on la stocke mais tête en bas, l'idéal étant de graisser les cartouches juste avant le tir. Donc, le graphite c'est bien et, si on lave bien son canon après le tir, pas de problèmes d'accumulation en perspective.

Ah oui, j'allais oublier, il y a un hic : si le calepin est bon pour toutes les balles en plomb, la balle calepinée, c'est pas pour toutes les armes ! En dehors des armes à chargement par la bouche où elle est presque universelle, il n'est vraiment efficace pour la cartouche métallique que dans une arme possédant un passage progressif de la chambre aux rayures, et çà, euh, y'en a pas beaucoup par ici...


5°) DU PROJECTILE :

La balle est en plomb légèrement durci mais pas trop, suffisamment pour qu'elle puisse se comprimer au départ du coup et bien prendre les rayures; utilisant du plomb de récupération des buttes de tir, souvent déjà durci, je n'y ajoute rien. Les balles avec des gorges angulaires contiennent plus de graisse que celles aux gorges arrondies, et elles se compriment mieux car leur section est plus faible au fond des gorges. Je ne m'étendrai pas sur la ou les façons de couler, mais il faut se rappeler qu'on fabrique des balles longues et lourdes, qui n'ont rien à voir avec les balles de .38 Spécial, de 9 Para, 45 ACP ou autres billes dont beaucoup de gens croient maîtriser la fabrication, et il est en tous les cas certain qu'un tir à 25 M de billes rondes aux médiocres qualités balistiques, avec des projectiles "comme on a toujours fait", pardonnera beaucoup plus la présence de bulles d'air ou d'autres imperfections qui n'auront pas encore eu le temps de démontrer leur effet néfaste sur la trajectoire, particulièrement pas dans les mains de tireurs moyens.

Le plomb doit être très, très chaud, d'où l'utilité du thermomètre. Dégoûté de déboucher la buse de mon creuset électrique, j'ai enlevé le levier et l'obturateur et je l'ai fermée à demeure avec une vis, et j'utilise la louche LYMAN qui verse toujours du liquide à foison; résultat : ces balles sont de vrais bijoux.

Comme on veut que le missile ne dévie pas d'un pet de son axe puisqu'il va loin, il faut que son corps soit le plus homogène possible et je pense qu'il faut fluxer souvent pour obtenir un plomb très propre, en évitant ainsi de prendre au passage des particules se détachant de la paroi du creuset ou des exogènes qui se baladent dans le métal en fusion, et il y en a quoiqu'on en dise; je fluxe toutes les vingt à trente balles et j'en connais qui disent que ce n'est pas assez ( fluxer ne veut pas seulement dire jeter une noix de cire dans le plomb en fusion, il faut aussi bouter le feu aux gaz pour "bouffer" la fumée, cramer les poissons flottants en provoquant une convection dans le creuset, ne pas oublier de remuer pendant ce temps et puis écrémer à nouveau ).

La moindre bulle d'air est aussi positivement "non grata", un tuyau donné par un complice et qui fonctionne est d'émousser, rien qu'à peine, les arêtes supérieures des coquilles du moule, là où elles se touchent, pour aider les gaz à sortir, les arêtes de la cavité étant bien sûr laissées parfaitement en l'état. On veillera également à laisser refroidir le plomb dans le moule à chaque fois avant de l'ouvrir comme cela le coupe-jet n'arrachera pas de matière et la base de la balle restera bien lisse à la coupe, on ne ferme pas le moule en jouant aux castagnettes avec mais gentiment, et on garde toujours le plomb très chaud, le thermomètre se révélant très pratique à l'usage et un bon investissement. Les coulées sont faites avec un moule propre, exempt de plomb, non oxydé, aux coquilles non voilées, sans jeu, au coupe-jet bien plat et ajusté.

Les poids des balles varient de 330 Grains à 550 Grains, au tireur de choisir, mais pour tirer loin il faut que la balle soit stable donc lourde, et alors 485 Grains c'est le minimum ( qui peut le plus, peut le moins et pourquoi une cartouche précise à 1 000 M ne le serait-elle pas à 100 M ? ), bonjour l'épaule avec une plaque de couche en métal, LEE sort un moule pour une balle à tête aplatie de 500 Grains avec gas-check qui est bonne en cible, un autre pour une balle du même poids mais sans gas-check, le moule LYMAN 457125 donne une balle de 525 Grains, elle est non seulement très belle, mais aussi réputée pour être précise, le LYMAN 457132 Postell donne 475 Grains; c'est bien aussi, spécialement pour une balle calepinée, à condition d'avoir le re-calibreur.

Le top de la balle calepinée c'est un moule sorti dans le temps par HOCH, un outil ajustable qui donne des balles lisses de la longueur qu'on veut mais qui reste introuvable en France car ceux qui en ont un le gardent ou s'en verraient privés en un clin d'œil s'ils murmuraient seulement qu'ils le vendent. On peut aussi investir un peu plus au départ et faire comme Alain LAUNAY, Henri ROPARS et quelques autres qui tirent de la balle calepinée, c'est-à-dire prendre de la barre cylindrique de plomb et en découper des bouts que l'on matrice à froid avec une presse "Kosto", avant de les calepiner au papier bien sûr; c'est la meilleure manière d'éviter les bulles, les différences d'alliage et de poids, mais il est admis que la balle lisse matricée à froid et la balle avec gorges de graissage sont égales en précision si cette dernière est bien coulée.

Pour les balles à gorges de graissage, je trouve dans le bulletin A.D.F. N° 1/98 un truc super intéressant, comme tout ce qu'il y a dans les bulletins A.D.F. d'ailleurs, qui est une traduction d'un écrit du Dr. Richard F. GUNN ( un N en moins et le monsieur avait un nom prédestiné ) et qui, après une étude scientifique avec deux chronomètres et un ordinateur, confirme que pour le .45/70 la balle LEE de 500 Grains, les LYMAN 457125 et 457132 Postell sont très bonnes à longue distance, en plus bien sûr des projectiles sortis de moules N.E.I., Paul JONES et Ron SNOVER, qui sont des moules fabriqués artisanalement, quoique d'excellente réputation, et à commander aux U.S.A. avec les délais d'attente que l'on sait.

Mais on ne sera pas cruellement massacré si on utilise une balle plus légère suffisante pour tirer à 100 M, et le calepin avec la bourre de cire n’est pas absolument obligatoire pour les recherches de précision pure faites avec un nettoyage fréquent, car j'ai obtenu dans mon Rolling-block un groupement qui m'a vraiment surpris après mes premiers déboires et que je trouve bon, de 1,8 CM sur 1,5 CM centre à centre pour 5 coups ( c'est juste un gros trou dans le carton ) tirés sur appui à 75 M devant des témoins incrédules au début ( t'as vu la fumée qu'il fait, le rigolo là-bas au fond avec sa pétoire ? ), avec une balle recalibrée à .457", sortant d’un moule R.C.B.S. N° 82051 donné pour 300 Grains mais pesant en vérité 340 Grains avec le plomb utilisé, graissée à l'Allox de chez LEE et avec un gas-check sur 55 Grains de P.N.C., sans carton ni bourre grasse, des douilles REMINGTON et des amorces C.C.I. "Large Rifle"

Mais on ne retiendra pas ce rechargement parce que le gas-check n'est pas orthodoxe et que 75 M, c'est rien que du rikiki pour du .45/70 qui mérite d'aller bien plus loin. Pour une cartouche confortable et pas trop musclée destinée au tir à 100 M, la balle moyenne de 405 Grains est suffisante, qu’elle soit de chez LYMAN, de R.C.B.S. ou de chez LEE. La balle de 405 Grains de chez LEE 459-405 qui sort à .459" avec une base creuse et 3 larges gorges de graissage m'a donné d'assez bons résultats; par contre et en plus des autres 405 Grains de chez LEE en .457", des Flat-Nose, que j'ai tirées au début, j'ai aussi essayé la LYMAN 457124 qui sort à 395 Grains ou plus pour 385 annoncés, elle est jolie mais les résultats ne sont pas probants, cette dernière n'est de toutes façons pas adaptée pour le tir à longue distance à cause de son faible poids, ses gorges arrondies ne contiennent pas assez de graisse et prohiberaient d'ailleurs son emploi sans calepin au-delà de 200 M en poudre noire.

La 457643 de LYMAN sort à plus de 415 Grains pour 405 annoncés, elle se comprime bien mais sa forme est résolument trop "moderne" et la longueur de sa surface d'appui n'est pas compatible avec le volume nécessaire pour mettre la poudre dans la douille, et avec les balles plus longues, il est difficile de mettre une charge de 60 Grains en dessous si on veut mettre la bourre de cire et les enfoncer suffisamment.

Sachant que les Scuds sortent du moule plus ou moins lourds selon le type de plomb et la température utilisés, et pas convaincu de la perfection dans la fabrication des moules courants, j'ai essayé de re-calibrer les miens après les avoir graissés, c'est-à-dire à .457" pour du .457" choisi. Bien que les balles soient déjà triées, les irrégularités visibles après le re-calibrage entraînent un rebut automatique et impitoyable du projectile, qui retourne donc au creuset et, s’il faut "descendre" de .457" à .452", ce qui est déjà un maximum, on le fait en plusieurs fois pour éviter de les déformer.

Selon les outils utilisés, le re-calibrage se fait par un passage de la balle tête la première ou base la première; tiens, avec les outils LEE où on les passe tête en premier, voilà qu'elles portent des mini-jupes maintenant car, selon la manière dont il est effectué, le re-calibrage peut en former une plus ou moins régulière, toute petite mais bien visible sur la base de la balle avec les excédents de plomb, qu'il faudra supprimer; on peut l'enlever délicatement au cutter en jouant à l'orfèvre et en veillant à ne pas endommager le projectile car tout manquant de matériau sur la base fait exactement la même chose que tout excédent, c'est-à-dire le déséquilibrer quand il sortira du canon et ruiner ainsi tous les espoirs de précision; le cutter ne me plaît pas du tout, alors j'ai essayé de tourner la balle entre le pouce et l'index sur de la toile émeri puis j'ai poli au chiffon; je vois mal ce que cela aurait donné si j'avais passé la balle avec la base en premier, et je m'imagine encore moins en train d'essayer d'enlever des bavures entre les gorges de graissage, mais peut-être que sur des outils d'autres marques cela n'arrive pas.

Bref je fais gaffe, déjà que je passe un temps fou pour fabriquer une seule cartouche, alors, si la balle doit partir à Tatahouine, hein... Bref, pas la peine de délirer, plusieurs essais m'ont permis de me rendre compte que les brutes de moule groupent aussi bien, à condition de tirer des lots de balles du même poids.

Il faut également les lotir par poids donc il faut les peser, en les triant avec une tolérance de 1 grain par lot; normalement une coulée bien faite donne trois à quatre lots différents, rarement plus si elle est bien effectuée, et on rejettera impitoyablement les balles plus légères car elles peuvent contenir une bulle, les trop lourdes étant suspectées de contenir un Martien ou de ne pas être homogènes. Avec dans son corps une bulle ou un poisson, la balle sera déséquilibrée lors de sa translation et on aura gâché de la poudre, une amorce, et plein de boulot, sans même avoir le droit s'espérer le moindre résultat positif en cible; donc, là encore, de la fermeté dans le tri.

Une balle à compression comme celles-là et qui n'est pas destinée à être calepinée, ne doit pas faire moins de 0,005" que le fond de rayures sinon elle emplombera, MR. LYMAN dit qu'elle ne doit pas faire moins de 0,002" et préconise même 0,002" de plus, un dogme dont j'ai tendance à douter pour une balle en plomb mou, et la balle avec son calepin devrait faire 0,005" de plus que le plat de rayures et pas moins, un calibre de .454" avant le calepin en papier étant donné comme une bonne moyenne. J’ai tiré des balles calepinées qui faisaient .457" sous le papier dans mon Trapdoor d'origine, ça n'a pas éclaté et c'est normal, parce que ces armes étaient forées plus large à dessein pour retarder l'enrayage à cause de la crasse en utilisation "heavy duty" ( échec quand-même à Little Big Horn pour les tuniques bleues de CUSTER "cheveux longs" contre les Winchesters ou Spencers des Indiens).

Mesures prises sur la balle d'une cartouche d'époque : Il ne s'agit pas d'une cartouche de .45/70 mais de quelque chose de plus long, c'est surtout pour donner une idée de la forme de la balle ( Voir bulletin des A.D.F.
N° 3/97, article de Messire Henri ROPARS après sacrifice, dissection et autopsie sans cœur ni pitié d'une cartouche prélevée dans une boîte de 10 unités appartenant à Bernard LEQUERTIER, tous les deux excellents Arquebusiers devant l’Eternel s’il en est, mais peut-être iconoclastes aux yeux des collectionneurs de cartouches pour ce qu'ils ont fait-là; merci tout de même, et peut-être ont-ils procédé ensuite à une reconstitution Frankensteinienne ).

Marque : WINCHESTER REPEATING ARMS Co.
Type : LONG RANGE "Sharp's Rifle"
Poids de la balle d'origine : 549,1 Grains
Poids de la balle avec calepin : 550,6 Grains
Diamètre de la balle nue : .444,5" ( 11,29 mm )
Diamètre sur calepin : .452,4" ( 11,49 mm )
Alliage : 8 % d'étain ( 1-11 )
Fabrication : Matriçage
Forme de la balle : Semi-ogivale, sans gorges de graissage, à base creuse
Longueur totale : 38,25 mm
Largeur du calepin plié : 21,00 mm
Largeur totale du calepin : 32,00 mm
Longueur totale du calepin : 96,00 mm
Angle de la coupe : 53°

Ce calepin-là est enroulé la première pointe vers le bas à droite et placée du côté avant de l'ogive, la balle roulant vers le haut et, lors du tir, il se déroule donc de la droite vers la gauche s'il est vu en plongée avec sa base côté du corps, confirmant les inscriptions sur la boîte comme quoi cette cartouche était destinée à être tirée dans une Sharps, les répliques que j'ai vues avaient bien un canon au pas à gauche et avec des rayures profondes, à vérifier sur une Sharps d’origine…

6°) DE LA MANIERE DE LE NOURRIR :

Pour pouvoir asseoir une balle calepinée, plus grosse, il faudra que l'étui ait été au préalable écarté à son extrémité, la balle doit être capable d'entrer à la main en poussant après la première gorge de graissage; normalement, on doit pouvoir y arriver en ne repassant pas les douilles au calibreur après le tir, ou en se servir des outils de rechargement dans ce but, mais si les outils ou la presse ne le permettent pas, l'outil à fabriquer fait .456" ( 11,58 MM ) de diamètre à l'extrémité et sur 5/8e de long ( 1,6 CM ), puis vient une partie conique de 5/16e ( 0,8 CM ) de long, au bout duquel le diamètre est de .473" ( 12 MM ) ; en enlevant l'aiguille de l'outil à désamorcer, en le réglant juste ce qu'il faut et en actionnant gentiment le levier de la presse, on arrivera à redresser la cartouche pour pouvoir ensuite la chambrer sans forcer.

Le choix de la poudre reste au tireur, mais il ne faut pas l'écraser, ce qui fait tout le charme du rechargement à la poudre noire si on veut arriver à mettre la dose qu'il faut avec la balle qu'il faut et les petits ingrédients entre les deux. On peut la comprimer légèrement et la tasser, en la versant à travers un tube d'un mètre environ pour s'assurer que le tassement sera toujours le même d'une cartouche à l'autre; la poudre doit couler doucement pour permettre aux "fins" de rester au dessus en ne coulant qu'en dernier, la transmission de la combustion depuis l'amorce s'effectuant mieux avec des grains entiers et non cassés qu'avec de la poussière de poudre; les amorces sont des "Large Rifle" on l'aura deviné, "Standard" ça suffit, peu importe vraiment la marque, l’essentiel est que le lot n’ait pas été entreposé à l’humidité et le mieux c’est qu’il soit neuf.

Pour les tirs à longue distance, la balle dépasse de l'étui autant qu'on veut, cette liberté doit d'ailleurs nous être laissée si on doit mettre 70 Grains ou plus de poudre, 2 MM de rondelles en carton, et 3 MM de bourre grasse. Une balle de 500 Grains qui fait plus de 3 CM de long, et la balle non calepinée peut donc dépasser en ne laissant juste dans l'étui que la première portée, et c'est là tout le secret, qui nous rapproche d'ailleurs un peu du coup de la cartouche chambrée en deux éléments distincts; fallait juste y penser.


Bien qu'information hors-sujet si on veut s'en tenir au .45/70 pur, Harry POPE, le Pape du Bench-Rest au début du siècle et éminent spécialiste du rechargement de précision pour cette raison, prenait une balle sortant d’un moule de sa propre conception, poids 500 Grains, calibre .458" à la base et .448" à la dernière portée et comportant plusieurs gorges de graissage sur une longueur de 1,5 CM, donc non calepinée, qu'il faisait entrer dans la douille sur 65 Grains de FFFg ( encore de la poudre "rapide" ) depuis la première gorge jusqu'à la troisième, laissant tout le reste dehors, graissé avant le tir bien sûr, les meilleurs résultats étant obtenus en n'enfonçant la balle que jusqu'à la deuxième portée.

D'autres remplissaient la douille de poudre jusqu'à 1,5 MM du bord, mettaient dessus la rondelle de papier, puis la balle était enfoncée à la main avec le pouce, ce tireur préférant mettre le grease-cookie, celui-là non, celui-ci encore mettait la balle directement sur le grease-cookie, sans rondelle de carton préalable, et on ne les a pas entendu pleurer. D'autres encore trempaient la base de la balle nue dans un mélange en train de fondre et composé de 1 part de cire d'abeille et 2 parts d'huile, jusqu'à la première gorge, puis poussaient le tout à la main sur au moins 3/16e. de pouce soit environ 5 MM ( 4,76 MM ), l'excédent de graisse étant censé passer dans les autres gorges; Hum, normalement, le coup doit partir sur une douille sèche et surtout pas grasse, alors…Et puis, avec ces balles et ces charges-là, était-ce encore du vrai .45/70 ?

Ouais, mais tout çà, ça ne va pas marcher dans des armes où le début des rayures est bien marqué en étage juste après la chambre, et où le dépassement de la balle qui rend la cartouche plus longue va d'abord gêner la fermeture de la culasse, et va aussi faire la même chose qu'un sertissage trop fort avec peut-être un risque de surpressions ! Alors, de quoi on a l'air maintenant, hein ? Tout ce boulot avec tes grosses balles et découper tous tes foutus calepins, c'était pour rien !

Non c'était pour te faire marcher, t'as juste appris à le faire, c'est tout ! Ou alors, tu portes ton arme chez un vrai armurier, tu sais, le mec au dos rond, à peine visible au fond du magasin où tout semble en vrac et où lui seul sait où tout retrouver, avec des lunettes qui pendent sur le bout du nez, un tablier gris et des ongles noirs, et tu lui dis qu'il doit aléser en cône le départ des rayures. S'il ne te casse pas l'objet sur le crâne parce qu'il estime que c'est une hérésie sur une arme d'origine, auquel cas il n'aura d'ailleurs raison que dans l'intention et pas dans le geste, ou s'il aime son métier et accepte de le faire sur une réplique, c'est bon, t'es sauvé; ou alors, tu te résignes à tirer des cartouches anémiques qui "donnent quand même", mais avec des banales balles non calepinées et ajustées à la douille, ou bien tu repars de chez l'armurier avec ton arme inchangée et une boîte de .45/70 du commerce rechargée à la poudre sans fumée, et tu oublies carrément les histoires de poudre noire.

On se rappelle que le souci principal c'est la constance entre chaque cartouche, et le seul moyen de s'en assurer c'est de marquer les outils, le moule et les étuis pour que chacun soit à chaque fois utilisé de la même manière et la cartouche chambrée à la même place, spécialement si la chambre est plus longue d'un côté. L'idéal pour les outils est de les laisser à demeure sur la presse tels qu'ils sont réglés, sur le moule la seule manière est de légèrement marquer l'intérieur le plus près possible de la pointe avec un pointeau qui ne laissera sur la balle qu'un tout petit bouton à peine visible, les douilles et l'arrière de la culasse pouvant être repérés avec une marque indélébile ou un petit coup de pointeau ( un petit coup de pointeau signifie un coup d'orfèvre et pas de forgeron ) sur la douille en face d'un endroit comme l'extracteur par exemple.

7°) DES AGAPES :

"Fais du mieux que tu peux et du peu que tu mieux !", merci Pierre DAC pour cette éternellement belle et très juste devise, car c'est bon aussi pour qui peut peu; en tous cas, éclate-toi bien ( Non, pas la gueule, pas la gueule, camarade flic ! ). Donc on fait gaffe à la sécurité avant tout en ne tirant pas sur son voisin et en évitant les surpressions, "Longueur Des Douilles, Contrôle des Charges et des Calibres", L.D.D.C.C.C, elle dédait ses cessés, et tout accident n'engagera que l'utilisateur; bien fait pour lui, fallait rester à la maison et continuer de jouer avec des armes en plastique assemblées avec des baguettes car made in Ombre Jaune. C’est vrai que le tireur fera la différence, et il est fortement recommandé de procéder aux essais sur un appui de type bench-rest digne de ce nom avec des sacs de sable, plutôt qu’un truc bricolé avec des boulons et du fer plat, ou pire : un tas de briques ou des morceaux de bois comme on en voit parfois et qui endommagent le fût ou le métal de l’arme.

Les visées seront difficilement précises avec les organes militaires d'un Trapdoor ou d'un Rolling-block si ce dernier n’a pas le dioptre à vernier associé à un bon guidon et, fort de réflexions et de déceptions lors d'expériences précédentes avec un autre de ces cracheurs de suie, et grâce à l'or qu'un complice avait dans ses pattes merci pour lui, j'utilise un montage qu'il m'a fait pour une lunette de tir au pistolet, qu'on fixe à l’avant de l’arme ( un peu comme sur l'un des Mauser 98 pour tireur d'élite Allemand de la WWII ), au niveau d’une bande si possible, sinon sur le canon nu, par deux brides venant se resserrer autour grâce à des vis Allen; ça marche vraiment d'enfer. Pour s'assurer que le chargement qu'on essaie est le bon et qu'il est celui qu'il faut garder, il ne suffit pas seulement de voir ce que cela donne en cible avec des H + L et consorts, ceux-ci peuvent varier selon le vent, la lumière et bien sûr la condition physique du chercheur, il faut aussi passer au chronomètre les lots rechargés, d'autant plus que les appareils actuellement disponibles ne font plus un luxe de ce qui devient un must à condition bien sûr de ne pas lui tirer dedans, comme certains l'ont fait, bienvenue au club, et on s'apercevra que les vitesses frisent les 400 M/S, chose qui n'est pas trop "shabby" avouons-le.

Ci-joint les modestes résultats d'essais effectués avec un Trapdoor 1884 d’origine, sans autre modification que la lunette montée uniquement pour l'occasion, et un Rolling-block hybride sur lequel la crosse et le boîtier sont d’origine, le fût en Schnabel est une adaptation pour grosses mains d'un morceau récupéré par l'ancien propriétaire sur une réplique de quelque chose d'autre, les organes de visées ont été prélevés, également par lui, dans le parc PEDERSOLI, le canon est un original foré au pas de 20 pouces, il est octogonal au début puis tourné pour du rond, toujours par lui, et j'ai dû lui consacrer quelques hectolitres d’huile de coude et des kilomètres de papier de verre pour enlever ses vilaines traces d'outil et lui donner un fini "poli blanc" que tous mes efforts me font considérer comme du plus bel effet. Cela représente un total de 900 coups tirés par chaque fois 2 séries de 5 coups, les vitesses indiquées sont les meilleures moyennes obtenues dans les séries avec le plus petit écart moyen, et près de 3 KGS de poudre, ou l'équivalent de 6 bidons de 500 GRS pour l'achat desquels on m'a demandé pour la première fois en 29 ans de consommation de poudre noire une pièce d'identité afin de déclarer le produit, et ma licence pour me faire un prix, après m'avoir répondu que les emballages couleur anthracite étaient en circulation depuis toujours ( quand moi je les avais toujours vus en bleu, soit en tôle tout au début, soit en plastique encore quelques mois plus tôt ! ), ont été transformés pour les oiseaux en énergie, en fumée et en odeur âcre pendant une période de deux ans, sous le soleil, l'humidité ou dans le froid; sans parler du temps passé sans s'en rendre compte pour la synthèse des recherches documentaires, mais faut bien que quelqu'un se casse la tête pour les autres, non ?

Outre-Atlantique, les gens ont rassemblé leur Histoire, leurs traditions, leurs loisirs, l'étude technique avec les moyens modernes, et le sport de 7 à 77 ans, ils ont mis tout çà dans un chaudron, ils ont touillé et se sont mis à tirer en concours sur des silhouettes métalliques avec des armes d'épaule tirant des cartouches à poudre noire, équipées uniquement d'organes de visée conformes à ce qui se trouvait à la fin du XIXe. siècle, c'est-à-dire guidon sous tunnel et dioptre à vernier, soit des Remington, des Sharps, des Trapdoor, répliques ou d'origine, et autres Ballard, Martini, Maynard ou Stevens, pourquoi pas s'il en reste. Le résultat est donc un mélange de Schützenfest, qui signifie d'ailleurs "Fête du tir", et de rencontres I.M.S.S.U., qui auraient du le rester. Ca doit être bien !

Les silhouettes sont celles qui sont utilisées en I.M.S.S.U. en "Gros Calibre", poulets placés à 200 M, les cochons à 300 M, les dindons à 385 M et les mouflons à 500 M ( j'ai vu ça à GRASSE en 1994 avec des armes modernes, c'est impressionnant, ça fait vraiment petit depuis le pas de tir ), ce qui limite malheureusement les possibilités et les espoirs de voir ce genre de compétition en France, pas seulement à cause des stands qui existent, mais aussi de la susceptibilité de la S.P.A. bien que la ménagerie soit en tôle, il ne s'agit pas de vraies bestioles, et surtout de la position trop répressive de certains politiques au point que c'en devient délirant, aidés par des journalistes tellement avides du pouvoir d'influence qu'ils ont sur les masses et tellement soucieux de garder leur place en or qu'ils en ont perdu leur objectivité sacrée, à l'égard des armes ou du tir sportif en général, et sans oublier quelques traîtres de la F.F.T., intégristes du tir à l'intérieur qui se sont transformés en collabos par dépit ou par moutonisme au grand dépit de notre président qui ne peut faire que ce qu'il peut, à moins que tous ces fâcheux ne soient des agents secrets infiltrés par la secte de "Laisse Grand Frère s'occuper de tout ce qui se passe dans ta caboche, maintenant qu'il a réussi à te rendre bien con"; après-demain, on interdira les cannes à pêche parce qu'il y a eu quelqu'un qui attendait le bus et qui s'est fait accrocher l'œil depuis l'autre côté de la rue avec une cuiller de "lancer" par un malpoli qui a dit après aux flics que c'était juste une blague. Enfin, qui, que, quoi….

Les tirs s'effectuent sérieusement et en plein air, en respectant les autres, la sécurité et le règlement, sans oublier les arbitres qu'on se le dise, mais ambiance barbecue entre les matches, c'est donc tout à fait pacifique et on se demande où des gens peuvent y trouver de la violence quand ils sont eux-mêmes complices de plusieurs milliers de morts sur les routes chaque année; le but est de renverser 40 silhouettes dans un temps donné, celles-ci ne meurent pas puisqu'on les redresse pour la série suivante, les poulets se tirent debout à bras franc ou coude appuyé sur la hanche comme en U.I.T., les autres se tirent en position libre, soit couché en "Creedmoor", soit plus généralement couché sur le ventre avec possibilité d'utiliser des bâtons croisés en avant du fût comme un bipied, dont la longueur est limitée à 32 pouces ce qui n'est déjà pas mal car cela permet aussi de tirer à genoux ou assis.

Le coup de la croix qui sert d'appui et qui constitue une aide, c'est qu'avant de prétendre vouloir jouer dans la cour des grands, le tireur ne doit pas seulement arriver à trouver la bonne munition, mais aussi la bonne position de la croix sous l'arme : elle doit être cherchée avec des essais de groupements, pour déterminer à quel endroit le canon vibre le moins ( la couverture, quand vous dormez, vous la mettez au dessus ou en dessous de la barbe ? )...

Bon appétit !

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longrifle

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